affiche Marathon de Millau 2015

Marathon de Millau 2015

Samedi 26 septembre, j’arrive relax (comprenez « pas en avance ») et donc y a plus de place dans la rue du parc de la Victoire. Je me retrouve garée à Geant Cas… pour ceux à qui ça parle, vous imaginerez la petite trotte que je me suis cognée pour arriver au départ et surtout -SURTOUT!- celle pour revenir à ma voiture (ça fait que monter dans le sens retour…).

J’arrive in extremis au départ du cortège, je retrouve quand même ma copine Anne-So, engagée sur le 100, on fait toute la marche ensemble et on ne se quitte qu’une fois la ligne de départ franchie. 10h pile, le départ du marathon de Millau 2015 est donné.

Depuis mon 10km chez mes parents, j’ai une douleur sous la fesse droite, comme si une corde était tirée entre ma fesse et ma cuisse, qui m’empêche d’avancer ma jambe. Au départ, ça semblait pas si terrible, et puis les quelques 7h de route pour rentrer avait considérablement aggravé la douleur. Bon depuis, ça allait, même si je la sentais toujours. Du coup, aujourd’hui, je prie pour que ça tienne.

Dès la départ, ma jambe droite ne m’autorise que des petites foulées. Je me dis que ça m’évitera de me griller, c’est pas grave.

Ma gourde qui jusqu’ici coulait un peu quand elle était trop pleine, se met à pisser de l’eau chaque fois que j’ai bu et que je la remet dans ma ceinture. Il est 10h30, j’ai le cul trempé.

Et puis les kilomètres défilent, très vite, il m’arrive un truc que je n’avais pas encore franchement expérimenté: je me fais chier. Mais vraiment.

J’ai ma musique, donc j’entends pas, mais je vois deux coureurs qui papotent. Un vélo nous passe devant et je comprends grâce à ses gestes que la fille dit qu’on pourrait discrètement monter sur la sacoche à l’arrière du vélo et se faire les 100 bornes à l’aise Blaise. Ça me fait marrer, elle le voit, c’est le début d’une rencontre. On court pas loin.

Arrivée à Rivière-sur-Tarn, au 12è donc, ma jambe me lance de haut en bas, avec l’impression d’avoir une balle de tennis coincée à l’arrière du genou. Dans un élan d’optimisme, je me dis « Putain, ça tiendra jamais jusqu’à Millau. » Mais je continue. Je ne peux ni plier la jambe, ni la faire passer devant l’autre sans douleur, mais je continue. Dans ma tête, y a pas encore de balle de tennis.

marathon de millau 2015 goodies

En quittant le ravito de Rivière, je retrouve les deux futurs cent bornards qui rêvaient de se laisser porter par les vélos, Isabelle et Patrick, qui se sont rencontrés juste au départ. On papote, Isabelle est marrante, c’est une pile électrique. Leur compagnie m’amène jusqu’au ravito du 20è avec le groupe des 14h. Là, je fais le plein d’eau, je becte, je les laisse filer, et je marche dans la montée parce que ma jambe refuse toute forme de compromis à ce sujet. A part ça, je me sens bien.

J’alterne marche et course, je vise le 25è. Les montées je marche, les descentes je… traîne lourdement ma guibole. J’arrive à ce fameux 25è en 3h et des bananes (6 bananes, et 49 mini-bananes si vous voulez de la précision).  J’envoie un message à Cécile pour lui faire part de mon opinion sur l’amputation préventive d’une jambe folle. Et pour lui dire où j’en suis surtout.

C'est 12€ pour décompresser la photo. Vous n'aurez donc que celle-ci. :D
C’est 12€ pour décompresser la photo. Vous n’aurez donc que celle-ci. :D

Et puis c’est reparti. je vise le 30è. Au ravito, y a un truc bizarre: des petites tartines d’une couleur qui me rappelle le moisi. Je vois un type en prendre. Je le regarde jusqu’à ce qu’il ait finit et je lui demande ce que c’est. « Ça a le goût du Roquefort. -Ah j’ai bien fait de vous laisser goûter… » J’aime pas ça le roquefort. J’aime pas les fromages avec des petits bouts de moisi dedans. Par contre, je trouve des petites tartines de pâtée bien goûtue.

Une meuf à vélo me rentre dedans. Alors que je cours tout à gauche de la route, je mange son guidon dans mon bras droit. Putain mais t’as pas assez de place couillonne? Elle s’excuse vaguement, l’air pas désolée du tout. Je traîne ma patte en silence, j’ai même pas la force de la traiter de grosse pute. C’est pas l’envie qui m’en manque. C’est un autre cycliste qui lui fera remarquer qu’elle est a une attitude pas terrible. Merci m’sieur à vélo. Connasse de merde.  Allez ma guibole, faut y aller.

Et je vise le 35è. Elles sont où les tartines de pâtée? Putain y en a pas? Bon, au moins, maintenant, même en marchant, je sais que je finirai. Je passe devant mon taf, je vois les chiens. Un dernier ravito en eau, je demande à la dame si elle a une poubelle pour le gobelet. Elle me dit que non, qu’elle les rince parce qu’elle est un peu juste en gobelet parce que « les premiers ont tout piétiné. » « Saloperie de premiers. » Le gars qui arrive derrière moi lui dit « On va les rattraper et leur casser la gueule. » Je me marre. Bon allez, on repart. Deux vélos me rattrapent, c’est JB, le copain d’Anne-So, et Max, un pote à eux. « Elle est où Anne-So? -Derrière. » … Ah on peut compter sur vous pour avoir des infos. Bon finalement elle est vers le 35è qu’ils me disent.

40è. Un petit panneau « Dossard visible s’il vous plaît ». Ah putain une saloperie de photographe. C’est vrai. Tout ça pour une photo sur laquelle j’aurai l’air de peser 150kg et qui coûtera 15€. Je me bats les couilles que mon dossard soit visible je t’avoue.

Et on arrive au centre-ville. Là, l’an dernier, je marchais, beaucoup. Cette année ça va. Ma patte folle m’a tellement retenue que je suis en sous-régime depuis le départ. Je me sens pas fatiguée. Je me surprends même à courir (ok: trottiner) sans m’arrêter depuis la Capelle jusqu’au Parc de la Victoire. Je croise Isabelle et Patrick qui repartent du parc, on s’encourage et je continue en passant tout plein de gens qui marchent. Je rentre dans le parc. Là, gros moment de flou: où c’est qu’on doit aller? En fait, je vois bien l’allée, mais comme y a plein de « civils » genre avec des poussettes et tout le merdier qui y vont, je me dis que ça doit pas être là… Bah si, heureusement qu’y avait l’arche Mizuno pour m’aider…

Je remonte l’allée, l’arche, je rentre dans la salle, monte sur le tapis, je fais bip, le speaker annonce « Nolwenn en termine avec son marathon », je suis cent fois plus souriante que l’an dernier et un monsieur très gentil me demande s’il peut neutraliser mon système. J’aime bien cette expression. Et hop, il met deux coups de ciseaux dans mon dossard. On me donne mon diplôme et un joli mug isotherme en cadeau. (Je dis oui aux cadeaux utiles!)

diplôme Marathon de millau 2015

Je termine beaucoup moins fatiguée que l’an dernier, mais ce matin, en éternuant, j’ai bien cru que toute ma cage thoracique se disloquait. Mine de rien, ça laisse des traces, un marathon. 😆

17 thoughts on “Marathon de Millau 2015

  1. bravo ma poulette, tu m’as fais peur avec tes messages je t’avoue.(ce rc me rappelle vaguement mon expérience lors d’une certaine course qu’on a fait ensemble huhu – apres la non prépa on va avoir une 2eme spécialité : la course sur une jambe) mais au fait jtai meme pas demandé t’as deja eu cette douleur?
    super sympa le mug !!

    1. ça m’a fait du bien de pouvoir papoter avec toi pendant la course, et je t’avoue j’ai pensé à toi quand j’ai démarré avec une jambe qui grinçait…

      Nan jamais eu cette douleur. La fesse et la cuisse qui tirent ça me fait penser à ce qu’avait Steph et qu’elle a eu pendant vachement longtemps mais je suis pas sûre que ce soit la même chose, et la balle de tennis derrière le genou là je vois pas du tout…

      Les cadeaux utiles c’est super, l’an dernier j’avais eu un bonnet!

  2. Ah ouais, le parking du Cas***. J’étais garé là pour la course du viaduc en 2012. Je me suis tapé la montée interminable avec une TFL toute neuve au genou gauche, ça m’a pris une bonne heure 🙂
    En tous cas c’est beau d’arriver avec tous ces pépins à la jambe. Maintenant il reste à soigner tout ça.

  3. Ca c’est du CR comme j’adore!
    Bravo pour avoir fini, et pour les Templiers redonne les balles de tennis à Tsonga ça sert à rien en trail 🙂
    A bientôt j’espère!
    Mary

  4. Hello la millavoise, j’ai cherché et j’ ai trouvé…ton compte rendu, je suis trop forte ! bon ok c’ était facile
    N’ empêche que j’ ai bien fait, je me suis bien marré. Sans déc, tu aurais pu courir le marathon avec moi, je t’ aurais pas mis de coup de guidon mais quelques pieds au cul et je t’ aurais guéri ta fesse au passage ! Y a que çà d’ apres mon ostéo, les massages profonds !
    En fait on croit que tu en as chié mais t’ as kiffé comme ils disent à Paris
    N’ oubli pas, je reviendrai

    1. Bah ouais j’en ai chié et j’ai aimé ça!
      On devait pas être bien loin, je crois qu’on passe au 25è pas loin l’une de l’autre, mais je t’ai pas vu même au départ! En même temps, y avait foule. 😀

  5. Bon bon bon, il faut toujours un(e) retardataire!!!! Donc c’est moi!
    Bon j’espère que ta patte folle va mieux, j’imagine que ce n’est pas évident de commencer une course en ayant déjà mal alors réussir à la finir…. Félicitations!!!!!

      1. Merci mzelle!

        Aucune idée pour la balle de tennis mais j’ai pas cherché plus loin je t’avoue… j’ai eu mal à la jambe pendant deux ou trois jours après le marathon et puis plus rien. Là ça tire un peu quand je cours mais c’est tout. (J’espère que ça reviendra pas, c’était moyen comme sensations.)

    1. Merci! Coup de bol (?) la douleur est partie d’elle-même la semaine suivant le marathon. Heureusement, parce que j’avais quand même les Templiers un mois plus tard et pas envie de me les faire dans la douleur. 😀

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