festival des templiers 2015

Marathon des Causses

Samedi 24 octobre 2015, depuis mon boulot, je regarde passer le départ de la Monna Lisa, espérant apercevoir, Laurence, Vincent et Christian (qui n’a pas de blog mais était au Sancy en 2014 et 2015). Je les rate tous. Bon sauf Christian mais c’est lui qui me repère et pas l’inverse… Oui j’ai honte.

Le retrait du dossard a été parfaitement épique: "Dossard 8606 s'il vous plaît.  [...]  -Vous m'avez dit combien déj? 8666?  -Non, 8606.  -Vous l'écrivez comment alors? 8-6-6-6.  -Euh non 8-6-0-6. -Ah 8-0-0-6!  -Euh non plus."  Mais j'ai finalement eu mon dossard. Après 2h a en distribuer les bénévoles doivent voir des chiffres danser devant leurs yeux. Sinon on a aussi un sac, des chaussettes (que j'ai utilisées pour la course, vous savez comme j'aime les expérimentations hasardeuses), un buff (complètement assorti aux manchettes qu'on a eu à l'Aubrac Circus) et le livre Trail'Origin que je ne vous ai pas pris en photo puisque je l'avais déjà et en ai déjà parlé. Mon livre en double à déjà trouvé une adoptante pour prendre soin de lui.
Le retrait du dossard a été parfaitement épique: « Dossard 8606 s’il vous plaît.
[…]
-Vous m’avez dit combien déjà? 8666?
-Non, 8606.
-Vous l’écrivez comment alors? 8-6-6-6.
-Euh non 8-6-0-6.
-Ah 8-0-0-6!
-Euh non plus. »
Mais j’ai finalement eu mon dossard. Après 2h a en distribuer les bénévoles doivent voir des chiffres danser devant leurs yeux.
Sinon on a aussi un sac, des chaussettes (que j’ai utilisées pour la course, vous savez comme j’aime les expérimentations hasardeuses), un buff (complètement assorti aux manchettes qu’on a eu à l’Aubrac Circus) et le livre Trail’Origin que je ne vous ai pas pris en photo puisque je l’avais déjà et en ai déjà parlé. Mon livre en double à déjà trouvé une adoptante pour prendre soin de lui.

Bref, ensuite, à la bourre, je file à mon départ en oubliant mes casse-dalles au refuge. Normal. Je retrouve Martine, la moitié de Christian donc, grâce à l’indication  qu’elle m’avait donné « je porte un blouson rose » qui me permet de chercher de manière efficace. On papote quelques minutes, et très vite, le départ du Marathon des Causses est donné.

Festival des Templiers
© Festival des Templiers

Comme l’an dernier, portion de bitume, montée de Carbassas, plateau. De ne pas avoir mangé je me sens un peu vacillante, j’ai du mal à me concentrer. Je me paye donc une première gamelle vers le 10 ou 12è km, qui m’envoie me ramasser dans les bruyères. Bon je m’ouvre une barre, puis deux. Ça va déjà mieux. Je vais pour me faire la troisième (et dernière) de mon stock mais pas moyen de l’ouvrir. Je la garde donc pour plus tard.

On redescend sur La Cresse où il y a un point d’eau. Je comptais me faire plaisir dans la descente, mais pas moyen: devant ça n’avance pas. La poisse. On arrive donc en bas sans se presser. Je remplis ma poche à eau. Et je fais bip.

marathon des causses suivi live km 14

Un coureur breton lève la tête et, regardant le plateau, dit « J’espère qu’on remonte pas là-haut. »

Bah en fait… si. 😆

Là, je sors mes bâtons (qui étaient interdits dans la première montée) (ce qui n’a pas empêché certains de s’en servir malgré tout). Et hop je suis repartie. A peu près au deux tiers de la montée, je trouve un bénévole très sympa pour m’ouvrir ma dernière barre. On papote pendant que je mange et j’y retourne. Arrivée en haut, une coureuse attend son binôme en discutant barrière horaire avec un autre bénévole. J’en profite pour demander si on en a sur notre parcours (j’ai cherché hein…mais je n’ai rien trouvé sur le site du coup j’étais partie à l’aveugle). On en avait une seule, de 3h à La Cresse. C’est bon c’est passé.

Une coureuse arrive à mon niveau pendant que je range mes bâtons, je lui emboîte le pas. On discute un peu pendant qu’on trottine sur le plateau, ça fait passer le temps.

On fait bip.

marathon des causses suivi live km 22

On continue le plateau jusqu’à arriver à ce qui est sensé être un ravito. Sur le papier en tout cas, j’avais bien lu ravito. Sûre et certaine. Et honnêtement, j’ai super faim, je suis à sec, ma camarade m’a dépanné d’une barre vu qu’elle est partie avec plein de truc à becter.

Et là, on arrive au ravito. A part de l’eau, y a juste des gâteaux céréales chocolat qui me font systématiquement mal au bide et que je regrette d’avoir mangé après coup donc j’en prends pas. Je demande à une bénévole s’il y a autre chose. « Nan ici c’est juste un point d’eau. » Bizarrement je pensais passer par divers stades émotionnels allant du désespoir à Columbine. En fait nan, ça va. Je repars.

J’enquille la descente avec joie, plein de coureurs me laissent passer. La plupart me reprend dans la montée qui suit: la montée du Cade. Là, ça devient dur. Je ne pense plus qu’à manger, je suis persuadée que ça ira mieux quand j’aurai mangé.

En haut de la montée du Cade, un coureur discute avec un bénévole. Je l’entends qui dit « On va nous laisser finir quand même? » Ah putain qu’il soit pas question de nous arrêter maintenant! J’ai pas fait tout ça pour pas finir! Le bénévole répond « Non non vous en faîtes pas. » Ah ça va. 😆 On parle de la dernière montée, celle que je ne connais pas et que j’appelle donc la surprise du chef depuis que j’ai vu le profil. Il nous assure qu’on la fera avec plaisir. Retenez-bien.

Un peu de plateau et on arrive au ravito de la ferme du Cade où par bonheur il reste pleiiiiin à manger! (Vous avez déjà connu ces ravitos où y a plus rien parce que les premiers ont tout becté et qu’il n’y a plus assez? … ça fait mal…) Les bénévoles sont super cool, on se marre bien. Les tartines de vache-qui-rit me remettent d’aplomb. Dattes, bananes, … je suis aux anges. Je vais pour repartir, la bénévole me dit « Vous avez pas goûter les crêpes! » 😆 Bon d’accord c’est bien parce que c’est vous. 😆

Je sors, je fais bip.

marathon des causses suivi live km 29

En sortant de là, j’ai retrouvé la patate. Je remets ma musique et je pars en chantonnant. Je cavale jusqu’à ce que la descente devienne suffisamment dangereuse pour qu’on nous ait mis une corde. Plus le choix, faut ralentir. J’aime quand même descendre. Et puis bien sûr faut remonter. La première partie est facile (enfin disons, pas plus dure que le reste).

Là commence mon calvaire. Cette deuxième partie de montée c’était… comment dire? Terrible. C’est bien simple, fallait aussi mettre les mains. Chaque fois que je regardais en haut, les gars qui étaient avant moi étaient toujours plus haut et je me disais « ça s’arrêtera jamais ». J’ai rangé mes bâtons qui ne servaient à rien, la boucle de la fermeture m’est restée dans la main. Normal. Et puis j’ai grimpé.

Finalement ça s’arrête. La nuit commence à tomber. On doit longer le bord du précipice (quoi j’exagère? j’ai failli tomber une ou deux paires de fois et j’ai eu les miquettes! En plus j’étais devant des malentendants… imaginez je tombe, je hurle… bah… personne ne le saura), je sors ma frontale, je la mets sur mon front, la sangle se disloque du système de serrage. NORMAL. Je sais pas le remettre. Tant pis je fais un noeud (qui bien sûr inclus mes cheveux pour plus de confort).

Les petites bandes réfléchissantes sur les arbres sont vachement pratiques pour pas se gourer de chemins. D’ailleurs je reconnais le coin: j’étais déjà passée par là (par erreur) avec mes chiens un jour qu’on descendait de la puncho. Je m’apprête à vivre la descente dangereuse dans le noir. C’est parti. Quelques gars me laissent passer. J’arrive derrière un mec à l’endroit où on traverse la route. Le bénévole nous dit « Allez les gars! » Je m’arrête devant lui et je lui dis « Les gars? » Du coup ça nous fait rire, on se retrouve bras dessus bras dessous à deviser à propos « des trucs de bonhommes ». Et puis je continue ma descente, rattrape vite fait le mec devant moi avec ses genoux en mousse qui est en train de se demander pourquoi on fait ça au fait?

Après, c’est que du bonheur: je cours toute la descente, qui a fini d’être dangereuse. et puis ça sent l’écurie (surtout qu’on passe à côté d’un centre équestre…

Et puis hop, l’arrivée, le public des Templiers qui est génial et qui nous encourage tous autant… et pour la dernière fois, je fais bip.

marathon des causses suivi live arrivée

marathon des causses médaille finisher

tshirt finisher marathon des causses
Au départ, la bénévole me tendait un t-shirt gris. J’ai demandé si la couleur était au choix et elle de me répondre qu’il y a en fait une version homme et une version femme. Puis ajoute « Vous préférez le noir hein? » J’avoue. Elle a été adorable et m’a donné un noir. J’ai donc un beau t-shirt de bonhomme pour cet hiver. Il est très beau.

Après un pillage en règle de ravito, Martine m’a retrouvé marchant à petit pas pour rejoindre ma voiture (à un bon kilomètre de là), et a bondi pour me rattraper au vol et me proposer de me raccompagner. J’en revenais pas. J’ai cru à une hallucination. 😀 Merci Martine et Christian! On se retrouve au Sancy. En attendant, je termine ma dernière course de l’année avec bonheur et l’envie de revenir l’an prochain aux Templiers, bien sûr.

Ω Bonus Track (à venir) Ω

20 thoughts on “Marathon des Causses

  1. Et be dis donc que d’aventure pour une course.
    Tu as bien géré malgré l’erreur de nourriture du début!!!!!

    Maintenant c’est en route pour le Sancy, en tout cas ils ne sont pas radins sur les cadeaux au templiers!

    1. C’est clair on a été gâté!

      Je t’avoue je me suis demandée comment j’allais m’en sortir sans avoir becté et avec des ravitos plus proches de la fin que du début… Finalement, comme j’avais passé la veille en voiture pour une réunion de boulot, j’étais tellement contente de crapahuter sur les causses que ça m’a bien aidé je crois.

  2. Toujours aussi marrantes, les mésaventures de Nolwenn 🙂
    En tous cas si on se base sur le classement t’as bien géré ton effort : 816e à la Cresse, 815e au second point de chronométrage, puis 793e au Cade et 785e à l’arrivée. Chapeau !

    1. Merci!
      Effectivement vu comme ça, j’ai bien géré. 😀 Avant la Cresse j’étais bloquée par les bretons dans la descente. Ensuite j’ai pas croisé grand monde en effet. Et ensuite y a des descentes de l’Enfer où j’ai pu tirer mon épingle du jeu.

  3. belle progression ! je ne crois t’avoir déjà vu // lu sur de telles distances et avec autant de dénivelés

    dis moi tu finis par ressembler à tes chiens : tu baves, tu en baves, t’as l’oeil qui frise, t’as la gnaque, t’a la rage 😉

    1. Merci! J’avais bien fait l’Aubrac circus qui faisant 55 bornes et 2000D+ en gros. Bon là je termine beaucoup moins fatiguée que sur l’aubrac quand même. 😀

      J’ai effectivement ce petit côté border collie: bave aux lèvres, observant fixement les chats… 😀

  4. Excellent cet article que je trouve au hasard de mes recherches … Et, fallait le faire : je suis le « mec avec ses genoux en mousse » du « aller les gars » 🙂

    Fallait le dire que tu avais faim : j’en avais encore dans ma musette quand tu m’as dépassé … puis abandonné seul dans la nuit.

    Pour moi les Causses, c’était une première (en distance, en dénivelé, …) et je suis pas prêt de recommencer !
    … en tout cas pas avant l’année prochaine !

    Mon expérience à moi : http://petitesfouleesdecaractere.blogspot.fr/2015/10/mon-marathon-des-causses.html

    Rendez vous en 2016 (je mettrai aussi un blouson rose pour qu’on se retrouve sur la ligne de départ …)

    1. Ha ça me fait plaisir j’avais jamais retrouvé sur le net quelqu’un avec qui j’avais partagé un petit moment de course! Je m’en vais lire et commenter ton récit!
      L’an prochain je ferai certainement une autre distance (y en a tellement aux Templiers), mais n’hésite pas à prévenir si tu reviens voir nos causses!

          1. On descend bien dans le Sud, nous !! 🙂
            … Et c’est pas que pour l’aligot !

            Promis, si tu « Oses devenir Fou », je t’offre la galette saucisse locale !
            et une gamelle d’eau pour tes poilus si il faut vraiment te motiver …

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